Campagnes

Aux deux "extrémités" de la Terre, vers les deux pôles, les inlandsis du Groenland et de l'Antarctique, vestiges de la dernière glaciation, conservent la mémoire de notre atmosphère et de notre climat sur plusieurs centaines de milliers d'années. Une mémoire que s'efforcent de faire parler les chercheurs en glaciologie.

1955 - Vers l'aventure

"On recherche jeunes chercheurs pour participer aux campagnes organisées pour l'Année Géophysique Internationale". Etudiant, cette annonce affichée à l’Université changera ma vie ; je partirai alors en Antarctique pour vivre une aventure : participer à l’exploration de ce vaste continent encore  inconnu. A 83 ans, le continent blanc de l’autre bout du monde me fait toujours rêver.

En 1955, à 23 ans, ma vie d'étudiant était facile ; réussissant raisonnablement dans mes études à l’Université de Besançon, je vivais dans une famille bien soudée dont la passion était le « foot ». Mon ambition était de suivre le chemin de mon frère Pierrot devenu «  gardien de but » professionnel dans l’équipe de Sochaux et en équipe de France. Et je me suis longtemps étonné  de n'avoir pas  hésité avant de me dire "Pourquoi pas moi ?" en réaction à l’annonce affichée à l’Université.

L'Antarctique était, au début de ce siècle, le symbole de l'esprit d'aventure. Les expéditions de grands explorateurs, comme Amundsen, Scott, Byrd et le français Jean-Baptiste Charcot avaient imposé, à juste titre, dans l'esprit de tous, qu'exploration et aventure étaient indissociables. Vers le milieu du siècle, les récits et images venant de ces pionniers héroïques ont servi de base à l'organisation de campagnes  scientifiques en Antarctique dans le cadre de l'Année Géophysique Internationale.

1957 - Charcot

Pendant un an, avec deux compagnons, je vis dans l'isolement d'une petite base pratiquement coupée du monde, implantée à l'intérieur du continent antarctique, par 2400 m d'altitude et une température qui peut descendre en dessous de - 60°C. C'est le poste avancé de la participation française à l'Année Géophysique Internationale. J'y découvre la calotte glaciaire et effleure ses mystères en mesurant son bilan radiatif et en échantillonnant les couches de neige d’été et d’hiver.

1959 - Victoria Land Traverse

L'exploration du continent se poursuit. J'ai  la chance de participer à une campagne américaine en Terre de Victoria. Après l'hivernage à Charcot, c'est maintenant la vie de raid. Pendant quatre mois nous progresserons lentement dans ce désert blanc, découvrant calotte glaciaire et chaînes montagneuses tout au long d'un périple de 2500 kilomètres.

1962-1965 - Dumont d'Urville

« Mes travaux de glaciologue se poursuivent en campagnes d'été dans la zone côtière de Terre Adélie, près de la base Dumont d'Urville. Je dirige le 15ème hivernage français en Terre Adélie, une tâche pas toujours aisée mais enrichissant mon expérience polaire. Manchots Adélie et Empereurs sont les voisins amicaux d'une communauté isolée pendant près d’un an pour assurer la marche d'un observatoire en Antarctique. »

1974-76-78 - Dôme C et l'IAGP

En 1969, l’IAGP (International Antarctic Glaciological Project) est le premier programme scientifique réalisé en Antarctique après l’Année Géophysique Internationale (1957-58). Fortement soutenu par le Français Georges Laclavère, un des pères de la recherche en Antarctique, il associe Australiens, Russes et Français pour conduire des raids à partir de leur bases respectives, Casey, Mirny et Dumont d’Urville jusqu’à la base soviétique de Vostok. Les recherches sur le terrain dans des conditions difficiles ont duré près de 10 ans depuis1971, réunissant aussi les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon, dans une vaste collaboration internationale.

1984 - Vostok 1984 : 150 000 ans d'archives

Après les accords internationaux signés lors d’une réunion du S.C.A.R en 1982, les Russes sont prêts à accueillir à Vostok une équipe française. Elle y est amenée par un avion américain de l’US Navy. Mes amis Volodya Kotlyakov, directeur de l’Institut de géographie à Moscou et Dick Cameron, responsable des missions polaires américaines, ont soutenu la réalisation inespérée de ce projet en pleine guerre froide.

1991 - Vostok 1991 : 400 000 ans d’archives

Chaque année nous serons sur le terrain ; dans ces campagnes d’été souvent assurées  par J.R Petit, nous suivrons la lente et difficile progression des carottages menés par les Russes souvent bloqués et perdus en profondeur.  Il s’agit de conforter les résultats obtenus sur le dernier cycle climatique et pour cela remonter plus loin dans le temps.

 

1994 - 1994-2004 EPICA Concordia: 800 000 ans d’archives

Le projet EPICA (European Project for Ice Coring in Antarctica), est aujourd’hui encore le forage profond le plus ambitieux jamais entrepris sur le continent antarctique.  Il est porté dès1995 par douze pays Européens avec pour objectif la réalisation sur une décennie de deux forages successifs. L’un profond, à Dôme C où nous avions foré durant les années 70 et construirons, avec les Italiens, la base Concordia et l’autre le long d’un raid à l'autre bout de l'Antarctique, en Terre de la Reine Maud.

1956

Vers l'aventure

"On recherche jeunes chercheurs pour participer aux campagnes organisées pour l'Année Géophysique Internationale". Etudiant, cette annonce affichée à l’Université changera ma vie ; je partirai alors en Antarctique pour vivre une aventure : participer à l’exploration de ce vaste continent encore  inconnu. A 83 ans, le continent blanc de l’autre bout du monde me fait toujours rêver.

En 1955, à 23 ans, ma vie d'étudiant était facile ; réussissant raisonnablement dans mes études à l’Université de Besançon, je vivais dans une famille bien soudée dont la passion était le « foot ». Mon ambition était de suivre le chemin de mon frère Pierrot devenu «  gardien de but » professionnel dans l’équipe de Sochaux et en équipe de France. Et je me suis longtemps étonné  de n'avoir pas  hésité avant de me dire "Pourquoi pas moi ?" en réaction à l’annonce affichée à l’Université.

L'Antarctique était, au début de ce siècle, le symbole de l'esprit d'aventure. Les expéditions de grands explorateurs, comme Amundsen, Scott, Byrd et le français Jean-Baptiste Charcot avaient imposé, à juste titre, dans l'esprit de tous, qu'exploration et aventure étaient indissociables. Vers le milieu du siècle, les récits et images venant de ces pionniers héroïques ont servi de base à l'organisation de campagnes  scientifiques en Antarctique dans le cadre de l'Année Géophysique Internationale.

1957

Charcot

Pendant un an, avec deux compagnons, je vis dans l'isolement d'une petite base pratiquement coupée du monde, implantée à l'intérieur du continent antarctique, par 2400 m d'altitude et une température qui peut descendre en dessous de - 60°C. C'est le poste avancé de la participation française à l'Année Géophysique Internationale. J'y découvre la calotte glaciaire et effleure ses mystères en mesurant son bilan radiatif et en échantillonnant les couches de neige d’été et d’hiver.

1959

Victoria Land Traverse

L'exploration du continent se poursuit. J'ai  la chance de participer à une campagne américaine en Terre de Victoria. Après l'hivernage à Charcot, c'est maintenant la vie de raid. Pendant quatre mois nous progresserons lentement dans ce désert blanc, découvrant calotte glaciaire et chaînes montagneuses tout au long d'un périple de 2500 kilomètres.

1962

Dumont d'Urville

« Mes travaux de glaciologue se poursuivent en campagnes d'été dans la zone côtière de Terre Adélie, près de la base Dumont d'Urville. Je dirige le 15ème hivernage français en Terre Adélie, une tâche pas toujours aisée mais enrichissant mon expérience polaire. Manchots Adélie et Empereurs sont les voisins amicaux d'une communauté isolée pendant près d’un an pour assurer la marche d'un observatoire en Antarctique. »

1974

Dôme C et l'IAGP

En 1969, l’IAGP (International Antarctic Glaciological Project) est le premier programme scientifique réalisé en Antarctique après l’Année Géophysique Internationale (1957-58). Fortement soutenu par le Français Georges Laclavère, un des pères de la recherche en Antarctique, il associe Australiens, Russes et Français pour conduire des raids à partir de leur bases respectives, Casey, Mirny et Dumont d’Urville jusqu’à la base soviétique de Vostok. Les recherches sur le terrain dans des conditions difficiles ont duré près de 10 ans depuis1971, réunissant aussi les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon, dans une vaste collaboration internationale.

1984

Vostok 1984 : 150 000 ans d'archives

Après les accords internationaux signés lors d’une réunion du S.C.A.R en 1982, les Russes sont prêts à accueillir à Vostok une équipe française. Elle y est amenée par un avion américain de l’US Navy. Mes amis Volodya Kotlyakov, directeur de l’Institut de géographie à Moscou et Dick Cameron, responsable des missions polaires américaines, ont soutenu la réalisation inespérée de ce projet en pleine guerre froide.

1991

Vostok 1991 : 400 000 ans d’archives

Chaque année nous serons sur le terrain ; dans ces campagnes d’été souvent assurées  par J.R Petit, nous suivrons la lente et difficile progression des carottages menés par les Russes souvent bloqués et perdus en profondeur.  Il s’agit de conforter les résultats obtenus sur le dernier cycle climatique et pour cela remonter plus loin dans le temps.

 

1994

1994-2004 EPICA Concordia: 800 000 ans d’archives

Le projet EPICA (European Project for Ice Coring in Antarctica), est aujourd’hui encore le forage profond le plus ambitieux jamais entrepris sur le continent antarctique.  Il est porté dès1995 par douze pays Européens avec pour objectif la réalisation sur une décennie de deux forages successifs. L’un profond, à Dôme C où nous avions foré durant les années 70 et construirons, avec les Italiens, la base Concordia et l’autre le long d’un raid à l'autre bout de l'Antarctique, en Terre de la Reine Maud.

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