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Charcot

1957

Pendant un an, avec deux compagnons, je vis dans l'isolement d'une petite base pratiquement coupée du monde, implantée à l'intérieur du continent antarctique, par 2400 m d'altitude et une température qui peut descendre en dessous de - 60°C. C'est le poste avancé de la participation française à l'Année Géophysique Internationale. J'y découvre la calotte glaciaire et effleure ses mystères en mesurant son bilan radiatif et en échantillonnant les couches de neige d’été et d’hiver.

  • Charcot : Base Charcot
  • Charcot : Monte charge
  • Charcot : Claude
  • Charcot : Mesure de la vitesse du vent
  • Charcot : Base Charcot sous la neige
  • Charcot : Roland et Claude

Pour un glaciologue c’est l’immersion dans un désert blanc.

Ce sont les premières mesures pendant un cycle annuel des variations de la température, des vitesses du vent qui vont modeler les formes de surface et perturber lors des blizzards l’accumulation de la neige.

Et la mise en œuvre de techniques simples remplaçant les pelles fragiles dans une neige tassée par le vent pour creuser des puits de quelques mètres de profondeur par des carottiers fonctionnant avec l’énergie de nos muscles pour forer sur une vingtaine de mètres de profondeur.

On va ainsi collecter nos premiers échantillons couvrant des décennies jusqu’au dernier siècle. Sur le terrain l’examen au microscope nous montre que la taille des grains des neiges d’été est plus grande que celle des neiges d'hivers; on peut ainsi dater les couches de la neige. Au retour, dans le laboratoire de Saclay la composition isotopique de ces premiers échantillons traduira l’alternance des saisons en termes de température. Une première approche des archives de la glace.

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